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Blogueuses mode millionnaires : Fantasme ou Réalité ?

Alors blogueuses mode : millionnaires ou crevarde ?

Elles sont quelques dizaines de part le monde à avoir le privilège de vivre de ce qui, au départ, n’était qu’un hobby presque comme les autres. Elles s’appellent Betty, Garance,Kenza ou encore Tavi et se revendiquent blogueuses modes. Elles n’ont pas toutes le même succès, la même trajectoire, ni la même réussite financière ; certaines collaborent avec des grandes marques et signent des collections capsules avant de se trouver propulsées aux inatteignables (pour le commun des mortels) front row des fashion weeks, d’autres complètent simplement leur salaire grâce aux revenus des bannières publicitaires qui se sont progressivement greffées sur leur site. Mais toutes ont en commun de faire rêver les filles en fleur qui s’intéressent de près ou de loin à l’univers de la mode et qui s’imaginent elles aussi entrer dans la postérité via le cercle très (très?) fermé des blogueuses modes. Nous verrons dans un prochain article comment décrocher le Saint Graal ; pour l’instant, petit tour des propriétaires des clés de la fashion blogosphère !

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Du studio étudiant au studio 54 : Une success story

L’histoire commence souvent de la même façon ; une fille à la garde robe plus ou moins fournie, avec un œil plus ou moins pointu sur l’univers de la mode et, de préférence, sur son propre style, commence à poster régulièrement des photos de ses tenus sur un site internet. Au début, bien sûr, son blog est hébergé sur une plate-forme basique, à la portée de tous (type blogspot ouoverblog). Mais rapidement, la machine des visites s’emballe, la modeuse en herbe réalise qu’elle à entre les mains un potentiel gagne pain (voir une porte de sortie toute trouvée de son petit studio d’étudiante) et sent qu’il est temps de migrer vers WordPress et ses opportunités infinies d’encarts publicitaires, d’affiliations à gogo… Bref, ses opportunités de se faire de la maille.

Au départ, les blogueuses mode se ruinaient pour nourrir le flux continuel de post sur leur blog. Maintenant, elles ne portent plus (même si beaucoup s’en défendent) que des fringues et accessoires gentiment offerts par les marques et que votre petit SMIC ne vous permettra jamais de vous offrir. Et, en France, que font les blogueuses mode?

Les françaises qui se lancent dans l’aventure et finissent par se démarquer n’ont pourtant rien d’exceptionnel et, objectivement, votre voisine a sûrement plus de style et une dégaine bien plus originale que la plupart des blogs sur lesquels vous zonez ce dimanche soir. Mais voilà, la blogueuse mode à ce pouvoir étrange de créer la fascination à partir du néant.

Elle mixe les pièces cheap (style H&M et Zara) avec des marques un peu plus pointues mais qui n’ont plus rien de confidentiel (type Sandro ou The Kooples). Bref, rien de transcendantal. Mais mélangez le tout avec des textes plus ou moins bien écrits et un peu de voyeurisme (l’impression, bien souvent fausse, de pouvoir toucher du doigt l’intimité de la blogueuse ne tient finalement qu’à la probabilité de la croiser un jour dans la rue ce qui, avouons le, n’a rien de très excitant) ; elles ont fini par trouver la clé du succès !

Des salaires à 5 chiffres, des parutions de plus en plus rapprochées dans la presse spécialisée : le phénomène s’emballe et tout le monde ne jure plus que par le sacre des blogueuses mode. Il parait même qu’elles auraient mis la tête d’Anna Wintour sur leur piquet.

Les reconversions réussies des blogueuses modes

Le paradoxe des blogueuses mode est que, finalement, l’essentiel ne se trouve pas sur la plage de leur blog ni dans le nombres de visiteurs uniques qui fantasment sur leurs dernières trouvailles dans les fripes de la capitale.  C’est ça le boulot d’une blogueuse mode, eh oui, faire du shopping, over and over again et de trouver la tenue idéale. En effet,  le signe tangible de réussite n’est pas leur nombre de follower sur instagram mais bel et bien la reconnaissance des professionnels.

Évacués les discours ingénus (auxquels plus personne ne croit, d’ailleurs) de la fraîcheur, la disponibilité et la relation Ex-tra-or-di-naire entre blogueuses et lectrices. Le Graal, le vrai, c’est le job de journaliste dans un magasine de mode (pas le poste de pigiste dans les pages style de Closer), la collaboration avec une marque reconnue en son nom propre (et non avec une myriade d’autres blogueuses, histoire de noyer un peu le poisson) et le pass backstage pour les plus grands défilés (et non, les défilés de lingerie Etam ne comptent pas non plus).

Et finalement, lorsqu’on regarde les blogueuses mode qui franchissent la ligne d’arrivée, on se rend compte que l’on s’est un peu précipités en annonçant le sacre des blogueuses mode et, par la même occasion, la mort programmée de la presse féminine traditionnelle. Car des grandes gagnantes, il y en finalement peu et beaucoup s’essoufflent en cours de route ou se réveillent avec la geule de bois dans une tenue beaucoup moins flatteuse, celle de la femme sandwich.

En gros, les blogueuses mode qui ont bien réussi sont encore des petites perles rares, comme dans tous les secteurs me direz-vous.

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Et maintenant, on va où avec les blogueuses modes?

J’ai moi-même était une grande fan des blogueuses mode. A l’époque, cela avait encore un certain sens : le phénomène ne s’était pas encore perdu dans les méandres de la sur-commercialisation ou du manque d’inspiration et, surtout, j’étais beaucoup plus jeune.

Aujourd’hui, en retournant sur les blogs que je visitais il n’y a pas si longtemps plusieurs fois par semaine, j’ai l’impression de croiser des idoles qui auraient plutôt mal vieillies et se raccrochent à une gloire depuis longtemps fanée.

Les plus maligne se sont exportées (comme Betty Augier du Blog de Betty ou Garance Dorée qui ont fait le choix plutôt malin de traverser l’Atlantique) et certaines irréductibles font toujours de la résistance. Mais avouons le, on est loin de la révolution annoncée.

Le blog mode serait-il enterré ? Loin de là. Les reines sont mortes ; vive les reines ! On n’attend plus qu’une relève un peu moins formatée, plus culottée et surtout moins complexées face à la possibilité de faire rimer vêtement et argent !

Et, si vous vous demandez  » je veux être riche » en devenant une blogueuse mode, on vous dira de bien remonter votre culotte.

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