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Faut-il être jolie (et niaise) pour réussir ?

C’est une question très sérieuse (qui n’est pas motivée – entièrement – par mon physique ingrat) mais on est en droit de se demander si, pour réussir dans la vie (réelle ou virtuelle), il ne serait pas avantageux d’avoir un physique qui le soit.

 

La nature est ainsi cruellement faite que si votre QI n’équivaut pas à votre tour de poitrine (et non pas à celui de vos cuisses), il sera plus difficile de percer. On en parlait par exemple pour les blogs féminins, qui s’ils pensaient changer la donne des magazines de mode en rétablissant des standards de beauté plus accessibles, ce sont malheureusement fourvoyés eux aussi dans l’établissement d’un idéal assez éloigné de votre réalité (et de celle que vous renvoie votre miroir). Et s’il a été prouvé que les personnes moches gagnent en général moins que leurs voisins plus attirants (en moyenne 22 %, avouez que ce n’est pas négligeable) il y aurait au delà du physique une attitude creuse/niaise/abêtissante qui rimerait plus volontiers avec fric/pognon/richesse.

 

Alors, en étant un peu réaliste et en tenant compte de mon nez disgracieux , mes formes absentes, et mon cynisme contagieux il est temps de réfléchir à mes chances de devenir une célébrité du net et d’empocher le million en bloguant/vloguant, etc.

 

Probabilité de devenir une blogueuse mode : 10 %

 

C’est bien connu, la mode est un monde fait d’apparences. C’est le cas bien sûr de la plupart des secteurs d’activité, mais en matière de suprématie du physique, on peut dire que la mode tient la première place du classement.

 

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Consultant moi-même (plus ou moins) assidûment les blogs mode, la réalité m’a éclaté en pleine (vilaine) face : les blogeuses correspondent pratiquement toutes à l’image consensuelle que nous nous faisons de la beauté. Bien sûr, la maigreur est moins douloureuse que sur les podiums et le spectre du corps féminin est légèrement plus large que sur papier glacé, mais la réalité est que la plupart des grands noms de la blogosphère appartiennent à des filles relativement minces et au visage plutôt gracieux.

Et la torture ne s’arrête pas là : elles en font souvent une croisade pour leurs lectrices qui sont encouragées à elles aussi faire du sport trois fois par semaine, à devenir végétarienne et à ne pas sortir sans se maquiller. Une bonne technique pour former la future légion de blogeuses sur le moule de la précédente et décourager les vilains petits canards qui se seraient égarés.

 

Exception à la règle: Géraldine du Café mode, qui s’est fait un nom en faisant oublier son visage. Attention cependant à ne pas oublier qu’il faudra compenser un joli minoi et un corps gracile par deux nouveaux atouts indiscutables que je n’ai pas forcément. Pour commencer : un peu de chance et de flair. Géraldine fût l’une des premières blogeuses mode à se faire connaitre et a donc bénéficier d’un effet de surprise et de nouveauté sur lequel on ne peut plus vraiment miser. Deuxièmement, elle peut aussi se reposer sur une connaissance encyclopédique de la mode (qui lui a valu de pouvoir écrire dans l’Express) et qui compense donc le fait de ne pas avoir à poser chaque jour de la semaine dans une mini en plein mois de janvier sur les quais de Paris. Effacer la peau d’orange par un peu de matière grise, il fallait y penser!

 

Probabilité de me faire un nom en vloguant : 15 %

 

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En trainant aussi quelques après-midi pluvieuses sur Youtube, je me suis prise à penser que les vlogeuses (mode/lifestyle et même cuisine) étaient surtout les nouvelles VRP du net. Un sourire à toute épreuve, une joie de vivre douteuse (si elle n’est pas dûe à la consommation de drogue) et surtout une capacité à vanter les qualités de… presque tout ce qui nous entoure.

A se demander comment fait la vlogeuse lorsqu’elle se lève du mauvais pied pour s’émerveiller de sa nouvelle routine beauté, se régaler d’un couscous végé ou irradier après une séance de stretching. Au delà du physique, c’est cette capacité presque pathologique de voir toujours les choses du bon côté qui me découragerait presque à me lancer. La réponse est simple : elle se force, c’est tout. Son métier reste de paraitre heureuse en toute circonstances, de vendre du rêve à ses abonnées (souvent très jeunes) et de satisfaire ses partenaires qui veulent surtout de la légèreté.

 

Exception à la règle : on oublie tout de suite les blogs beauté et mode où je risquerai de me faire lyncher et on regarde plutôt du côté des voyages. Là encore, ce n’est pas gagné, mais vu qu’on mettra surtout en avant les paysages paradisiaques que notre nouveau bikini (encore que…) on a encore une petite chance de se faire une place au soleil. Par contre, pas moyen d’échapper au ton bisounours qui est de mise (surtout si vous comptez voyager au frais de votre future partenaire, comme une agence de voyage ou de tourisme). S’il n’est pas strictement interdit d’émettre une petite critique, il est vivement conseillé de se la fermer et de profiter du voyage. Au monde des vlogeurs, le défaut fait tache (qu’il soit sur votre visage ou sorte de votre bouche).

Sinon, si vous êtes drôle (ce qui est probable si vous êtes moche), vous pouvez aussi essayer de faire rire (à vos dépends). Les filles réussissent moins bien dans ce domaine, mais au moins, vous aurez tout l’espace nécessaire pour vous faire votre place.

 

Sinon, si vous êtes vilaine/vilain mais que vous souhaitez quand même tenter l’expérience, vous pouvez toujours rejoindre Business Outsider. On ne vous demandera pas de joindre une photo à votre CV…. d’ailleurs on ne vous demandera pas de joindre votre CV.  

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