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La mort d’une startup qui levait des millions : Take eat easy

Take eat easy, si vous ne la connaissiez pas hier, vous la connaissez sûrement aujourd’hui car toute la presse en parle de ce qu’on appelle un  grand fiasco.

On nous bassine tellement avec les réussites des startup que leurs fin rapide nous surprend tous. Et, il faut bien dire que leurs succès comme leurs échecs sont tout aussi croustillant ( surtout d’un point de vue média, bien entendu).Capture d’écran 2016-07-31 à 13.04.03

D’ailleurs, c’est d’autant plus médiatisé que les CEO se livrent directement sur Medium, car ça aussi c’est à la mode comme de porter des stan smith. On se décharge, on s’excuse ou on remercie. Mais, pour les livreurs en colère ou pour les restaurateurs qui ont fait confiance à Take Eat Easy, ce n’est pas assez . Pas assez franc, pas assez honteux. Bref, pour eux, c’est du gros foutage de gueule. Certains restaurateurs comme Booba Mara disent même qu’ils ne « pleureront pas Take Eat Easy« .

Les livreurs ne sont pas épargnés. Ils ne seront pas payés et auront bossé comme des chiens pour que dalle. Dure, dure de bosser dans une start-up qui lève des millions.

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Et, mêmes les investisseurs ne veulent plus investir dans ce genre de boite qui brassent plus de rêve que de fric. Sans parler du fait, que c’est quasiment toujours la même chose derrière la recette : de l’ubérisation. Si possible, le combo gagnant food et livraison par des freelances.  Avec Delivroo et Foodora, ce sont que les plus grands et derrière eux, se cache toute une armé de livreurs en contrat précaire.

 

 

 

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Sinon, pourquoi ça nous fascine autant? Pourquoi Take Eat Easy, bon sang, après avoir levé 6 millions d’euros coule-t-elle devant ses livreurs?

En bon profane du secteur start-up, on se dit qu’encore une fois, tout le monde ( surtout les investisseurs ivre de capital et de profit) se sont ruées sur la boite pour l’injecter de millions de billets voir. Mais pourquoi? Pour du profit? Non, non pour voir l’argent purement gaspillé par des petits mecs, à peine trentenaire qui font l’apologie d’un bureau qui aurait un baby-foot ( apparemment, une startup n’est considéré comme start-up qu’à partir du moment où dans les bureaux, on peut trouver de quoi jouer au ping-pong ou au baby-foot…à méditer).

Enfin, revenons sur Take Eat Easy car cela reste un mystère bien compris des économistes endurcis. Voilà, les petites théories qui expliquent  l’échec de la startup provenant autant de la structure que de la conjoncture.

  1. Lever trop de capital tue le capital

Eh oui, aussi simple que ça, et pourtant, on n’est pas sans le savoir. Oui, lever trop de fond peut être dangereux pour votre start-up notamment parce que le CEO peut quasiment tout perdre. Et, même en vendant des millions sa boite, il peut se retrouver avec des miettes. Enfin, le sujet est assez large et voilà un article qui vous aidera à en savoir plus. 

   2. Bien gérer sa croissance et sa RENTABILITÉ

L’un des plus gros problèmes avec les start-up de notre génération est bien souvent cet écueil : ne pas être rentable! Ça parait quand même incroyable pour nous autres, encore une fois, les profanes de l’éco. Comment des investisseurs peuvent-il continuer à investir dans une boite qui n’a pas atteint son seuil de rentabilité? Moi-même, par exemple, simple pigiste, très éloigné des théorèmes économico-financier, je ne mettrais pas mes billes dans une boite qui ne sait pas gagner (suffisamment de fric). Mais, le monde des start-up est ainsi (mal)-fait…

Concernant Take Eat Easy, ça déroge pas à la règle : la boite n’était pas rentable et  dépensait des millions pour s’accroitre en pub et en marketing. Même chose pour Save, des levées de fonds incroyables et des redressements judiciaires à la pelle. Il y a plein de raisons qui explique que malgré un lourd financement, la boite ne prend pas. C’est tout simplement difficile de gérer une boite avec tous les paramètres. On ne s’improvise pas gérant de boite et encore moins business man à succès.

Je ne dirais qu’une seule chose : À vouloir trop manger, on finit par s’étouffer. Ou plus simplement, vous pouvez vous rappeler de la Fontaine et de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf. Eh oui, » La chétive Pécore, S’enfla si bien qu’elle creva. » Enfin, que ce soit Take Eat Easy ou un autre, il semblerait que cela s’applique à tous.

Bien sûr, nous ne voulons pas être trop dur avec Take Eat Easy. C’est tout l’éco-système qui part en vrille semble-t-il. On pousse les start-up à lever toujours plus à grandir toujours plus vite. Tranquille, Take it easy mec, on grandira quand on sera assez fort, a-t-on envie de dire.

Ça peut arriver à tout le monde de déraper (et ça nous arrive aussi à Business Outsider d’ailleurs)  et nous profitons simplement de ce cas pour en faire un exemple pratique, facile à désosser pour des loups.

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